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La douleur nociplastique

Pendant longtemps, la médecine n’a su expliquer la douleur que de deux façons. Soit elle vient d’une lésion des tissus — une blessure, une inflammation : c’est la douleur nociceptive. Soit elle vient d’un nerf abîmé : c’est la douleur neuropathique. Dans les deux cas, on peut montrer une cause.

La fibromyalgie n’entrait dans aucune de ces deux cases. Pas de lésion visible, pas de nerf endommagé. Faute de cause identifiable, elle a longtemps été mise de côté, parfois renvoyée à un trouble psychologique.

  1. 2019Maladie à part entière (OMS, CIM-11).
  2. 2021Critères diagnostiques (IASP).
  3. Juillet 2025Premières recommandations françaises (HAS).

Une troisième catégorie de douleur

Une troisième catégorie a depuis été reconnue : la douleur nociplastique. Ici, ce ne sont pas les tissus ni les nerfs qui sont en cause, mais la façon dont le système nerveux central — le cerveau et la moelle épinière — traite le signal de la douleur. Ce système devient hypersensible : il amplifie la douleur, et peut même en déclencher en l’absence de toute agression. Un simple contact, une lumière, un bruit, le stress ou la fatigue suffisent à l’aggraver. L’absence de cause visible ne veut pas dire que la douleur est imaginaire : elle est bien réelle, et la fibromyalgie en est la forme la plus connue.

Une reconnaissance très récente

Cette reconnaissance est très récente. L’OMS n’a classé la fibromyalgie comme une maladie à part entière qu’en 2019, dans sa Classification internationale des maladies (CIM-11), au sein des « douleurs chroniques primaires ». Les critères permettant aux médecins de diagnostiquer formellement une douleur nociplastique n’ont été publiés par l’IASP qu’en 2021. Et il a fallu attendre juillet 2025 pour que la Haute Autorité de Santé publie ses toutes premières recommandations officielles sur la fibromyalgie en France.

Un tournant dans la prise en charge

Ces recommandations marquent un tournant. La HAS place l’activité physique adaptée en première ligne de la prise en charge, encadrée par un professionnel formé. Les traitements médicamenteux ne sont plus la première solution : antalgiques classiques, anti-inflammatoires et opioïdes n’ont pas démontré d’efficacité réelle sur la fibromyalgie. Pour la première fois, le mouvement dosé est reconnu comme le socle thérapeutique, avant le médicament.

Reste à savoir la doser

Mais une recommandation ne dit pas comment doser. Trop d’activité aggrave les symptômes, trop peu n’a aucun effet : tout se joue dans le juste niveau, propre à chaque patient et à chaque jour. Les outils de mesure et les parcours capables de personnaliser ce dosage restent largement à construire. C’est précisément cet espace que Doulceur adresse.

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